Partir à l’ascension de l’Adam’s Peak : le guide complet

Partir à l’ascension de l’Adam’s Peak : le guide complet par Antoine

Aujourd’hui, c’est Antoine qui prend la parole dans notre rubrique : Récits des abonnés du blog.
Nous vous avons déjà bien souvent parlé de lui, car c’est avec son club de plongée que Clème a passé son baptême !
C’est aussi lui qui nous a aidés à rédiger notre article : Faire de la plongée au Sri Lanka : Le guide complet
Cette fois, il revient sur le blog, mais en tant qu’invité cette fois.
Dans cet article, il vous raconte comment il est parti à l’ascension de l’Adam’s Peak !
Il en profite également pour vous dévoiler tous ses conseils pour que votre ascension se déroule aussi bien que la sienne.

 

L’Adam’s Peak, en quelques lignes.

Culminant à 2 243 m d’altitude, le pic d’Adam (Adam’s Peak) est l’une des montagnes les plus importantes du Sri Lanka.

A son sommet se trouve, creusée dans la roche, une énorme cavité de plus de deux mètres, elle serait une empreinte de pas.

Pour les Hindous, c’est une trace de Visnu ou de Shiva, pour les Bouddhistes, une empreinte de pied de Bouddha et pour les Musulmans, l’empreinte du pied d’Adam.

Vous l’aurez compris, l’Adam’s Peak est un haut lieu de pèlerinage au Sri Lanka

Pour accéder, vous aussi, à ce lieu sacré, il faudra gravir près de 5 000 marches.

L’ascension de l’Adam’s Peak par Antoine

Bonjour Antoine, peux-tu te présenter rapidement ?
Bonjour Cleme,

Je suis instructeur de plongée sous-marine installé depuis bientôt deux ans au Sri Lanka avec ma femme.
Nous vivons à Colombo (car oui, la plongée y est excellente) mais cela ne nous empêche pas de temps à autre de partir découvrir la belle île de Ceylan.

Comment s’est déroulé ton ascension de l’Adam’s Peak ?
J’ai quitté mon hôtel à 2 heures du matin.
Il n’y avait pas âme qui vive dans le village. Peu de lumière. Une torche est indispensable.
J’utilise une lampe frontale. Sur le chemin, j’ai trouvé un marchand de thé ouvert (et un seul) et rencontré une poignée d’autres marcheurs.
Par chance, il n’a pas plu. Je n’ai pas pris de guide, le chemin est très bien matérialisé et je n’ai pas regretté de faire l’ascension en solitaire.
S’il pleut, je pense qu’il vaut mieux abandonner car le sentier est très escarpé et doit donc devenir dangereux si l’eau y ruisselle.

J’ai dû m’arrêter une demi-heure chez le marchand de thé et suis arrivé au sommet, épuisé, à 5h30. J’ai donc mis trois bonnes heures pour atteindre le sommet.
En gros, comptez entre deux heures trente et quatre heures en fonction de votre niveau de marcheur.

Attention, c’est une grimpette exigeante.
Mille mètres de dénivelé, environ cinq mille cinq cents marches (ce n’est pas moi qui ai compté !) et elles sont de formes et tailles très variées, on a vraiment l’impression que ça ne se terminera jamais.

Le sommet est à 2243 m.
La température est fraîche là-haut, c’est une des rares fois où j’ai eu froid au Sri Lanka.
Une polaire est indispensable. Un bonnet et des gants à envisager si vous êtes frileux.

Là-haut, nous étions une vingtaine de touristes. Pas de pèlerins.
Le temple qui contient l’empreinte du pied de Bouddha (ou d’Adam selon les croyances) est fermé pendant la basse-saison, on ne peut donc pas la voir.
Ni voir la fameuse ombre portée sur les nuages de la montagne, car elle se voit depuis le temple.
En haute saison, il arrive de ne pouvoir pénétrer dans le temple à cause de la foule.

Mais le spectacle du lever du soleil fut magnifique, j’ai eu beaucoup de chance avec le temps.
La pluie a attendu l’après-midi pour retomber. Il n’y avait pas un nuage, c’était magique.

La descente est elle aussi difficile, les jambes flageolent, il faut rester vigilant pour ne pas tomber.
J’ai refait une pause chez le marchand de thé !
Quelques nuages ont montré le bout de leur nez comme je finissais la descente, la pluie allait arriver quelques heures plus tard.

Je m’en suis très bien sorti…

Ascension de l’Adam’s Peak les infos pratiques.

 

Il me semble que tu es parti de Colombo et que tu aies fait le voyage en transport.
Peux-tu nous en dire plus sur ce périple stp ?
En effet, j’ai fait le voyage en bus. Je comptais d’abord prendre le train mais il y avait une grève.
Eh oui, comme en France 😉

J’ai pris un bus privé climatisé à 10h30 le matin à Colombo (Bastian Mawatha Bus Station) et suis arrivé à 15h à Hatton.
Un voyage de quatre heures et trente minutes donc, relativement confortable.

En train, on arrive à Hatton aussi.

Ensuite il faut prendre un tuktuk pour parcourir les trente derniers kilomètres et arriver à Dalhousie, le village d’où se fait l’ascension.
On l’appelle aussi Nallathanniya. Il faut compter environ une heure de tuktuk pour rallier Dalhousie depuis Hatton.

Si j’ai bien compris, pendant la haute saison, il y a des bus qui rallient Dalhousie depuis Hatton.


Où as-tu logé ?
J’ai dormi à l’hôtel White Elephant, à Dalhousie.
Il y a de nombreux hôtels dans ce petit village très fréquenté pendant la période du pèlerinage.
Celui-ci se situe plutôt dans la fourchette haute en termes de tarif (ça reste raisonnable).
C’était propre, j’ai pu y manger en arrivant (un kotthu, spécialité Sri Lankaise) et le personnel était sympathique.
Mais si je l’ai choisi, c’est que je savais qu’il offrait une belle vue sur le Pic.
A part ça, le confort est sommaire.

L’idée étant de voir le lever du soleil depuis le sommet, il faut commencer la marche vers 2h du matin.
La plupart des randonneurs ne passent donc que quelques heures dans leur hôtel.
Le White Elephant coûte peut-être un peu plus cher que les autres, mais offre une vue superbe sur le Pic d’Adam.
A part ça, je pense que les prestations sont similaires.
Donc à chacun de voir s’il veut payer un extra pour prendre son petit déjeuner en terrasse avec vue sur la montagne.

Il existe une variante qui part d’une autre ville (Ratnapura), sur l’autre versant de la montagne, plus longue et plus dure paraît-il, beaucoup moins empruntée. J’ai choisi le sentier commun et ne parlerai donc pas de l’autre.


Peux-tu nous parler de la saisonnalité de cette activité ? Peut-on grimper le Pic d’Adam tout au long de l’année ? Y a-t-il une différence entre une saison et une autre ?
Il y a en effet deux saisons.

La haute saison, de décembre jusqu’à Vesak (la pleine lune du mois de mai. Pour connaître toutes les dates de pleine lune cliquez ICI ).
Et la basse saison, de fin mai jusqu’à fin novembre, période de mousson.

L’immense majorité des marcheurs entreprennent l’ascension pendant la haute saison. Ils accompagnent ainsi les -nombreux- sri lankais pour qui monter le Pic d’Adam constitue un pèlerinage très important (aussi bien pour les bouddhistes que pour les hindous).
Les chrétiens de l’île pensent que l’empreinte de pied qu’on voit dans le temple est celle d’Adam. Il aurait commencé son exil du jardin d’Eden ici.
Le sentier est très fréquenté, la ferveur est à son comble, il y a de nombreux marchands sur le début du chemin (thé et petite restauration) et on est à peu près sûr d’avoir beau temps (même s’il fait frais au sommet).

Je ne vais pas vous en parler plus que cela car j’ai grimpé le Pic début octobre, donc en pleine mousson.
Les risques de pluie sont alors élevés, les marchands sur le sentier sont presque tous fermés, et on ne rencontre pratiquement personne pendant la marche.

En ce qui me concerne, j’ai eu de la chance.
Il a plu toute l’après-midi précédant ma randonnée, mais le jour J, j’ai eu un temps superbe. J’y reviendrai.

En conclusion :
Haute-saison avec la foule de randonneurs et surtout de pèlerins, et le beau temps.
Basse saison la solitude et le risque de pluie.

Faut-il payer pour faire l’ascension de l’Adam’s Peak ?
Ce n’est pas payant, j’ai rencontré un ou deux moines qui demandaient l’aumône pour visiter leur petit temple.
Mais on n’est pas obligé de s’arrêter.
Je suppose que cette pratique est encore plus répandue en haute saison.

 

D’après toi, l’ascension de l’Adam’s Peak est-elle accessible à tous, même aux non sportifs ?
Je recommande d’être dans une condition physique correcte pour faire cette ascension, et surtout d’avoir le moral.
En saison, on rencontre des dames sri lankaises très âgées qui font le pèlerinage.
C’est leur ferveur religieuse je pense qui leur donne la force nécessaire pour relever ce défi physique.

On dit que la foi peut déplacer les montagnes, elle permet en tout cas de les grimper !

 

Faut-il du matériel spécifique ?
En termes de matériel… Il paraît que les pèlerins sont souvent en tongs… j’ai préféré chausser mes souliers de randonnée. Je pense qu’une paire de tennis est le minimum.
Les marches sont inégales, parfois très hautes, et je n’ose imaginer la galère que ce serait de se fouler la cheville en un endroit aussi inaccessible.

Si on part de nuit comme moi (et comme la plupart des randonneurs et pèlerins) il est indispensable de prendre une lampe torche, en basse saison en tout cas. En haute saison j’imagine que les multiples échoppes fermées que j’ai vues sur le sentier sont ouvertes et procurent de l’éclairage. Je préfèrerais tout de même avoir ma propre source de lumière, au cas où.

J’avais pris un K-way au cas où et j’ai eu la chance de ne pas en avoir besoin.

Je n’ai pas rencontré de sangsues sur le sentier.

Une fois arrivé en haut, il faut attendre le lever du soleil et la température baisse, il est donc indispensable d’avoir prévu une laine, polaire ou autre, pour se tenir au chaud quand on arrive en sueur et qu’il faut rester plus ou moins immobile en attendant le spectacle (qui vaut la peine si vous avez la chance comme moi de ne pas avoir de nuages !)

Merci pour ces recommandations =)
Un autre conseil en particulier ?

Si vous êtes en période de mousson, n’hésitez pas à annuler en cas de pluie.
Si vous êtes en période de pèlerinage, soyez préparés à la promiscuité.

C’est une belle aventure, si votre forme physique vous la permet, lancez-vous, vous ne l’oublierez pas !

Prévoyez deux-trois jours de courbatures ensuite.

La marche c’est dans la tête que ça se passe. Gardez le moral.

C’est long mais on finit par y arriver.

Le mot  La question de la fin

Serais tu prêt à refaire l’ascension de l’Adam’s Peak ?
J’ai eu l’occasion de me libérer deux jours pour aller faire cette randonnée depuis Colombo en pleine mousson.
Je n’oublie pas que j’ai eu beaucoup de chance avec le temps et que s’il avait plu, j’aurais probablement été contraint d’annuler l’ascension.

Ce fut une très belle expérience et je suis très content de la façon dont cela s’est déroulé.

En revanche j’éprouve une légère frustration de ne pas avoir vécu l’ambiance du pèlerinage.
Etre entouré d’une foule de fidèles enthousiasmés, la queue pour monter les marches, l’arrivée au temple qui contient l’empreinte du pied (il est difficile d’y pénétrer à cause de la multitude) et enfin la vue de l’ombre portée par la montagne sur les nuages (visible seulement depuis le temple).

Je pense qu’il s’agit d’une expérience totalement différente.

Aurais-je le courage de retourner au Pic, mais cette fois en pèlerinage ?

A suivre…

L’ascension de l’Adma’s Peak: Le guide complet

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Toutes les photos présentes dans cet article, appartiennent à Antoine.
Toutes utilisations ou reproductions ne sont pas autorisées.

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